Mort de l’historienne Hélène Carrère d’Encausse, feu madame le secrétaire
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Née à Paris le 6 juillet 1929, d’un père géorgien, Georges Zourabichvili, et de Nathalie von Pelken, une aristocrate russo-allemande, émigrés après la révolution bolchevique de 1917 dans laquelle ils ont tout perdu, Hélène Carrère d’Encausse sera apatride jusqu’à ses 21 ans, quand elle obtient la nationalité française. Elle se décrivait comme «un cas d’intégration parfaite». «Dans l’identité, je me sens française. Mais j’ai deux cultures», disait-elle à Libération en 2019. Le russe est sa langue maternelle, la seule qu’elle parle jusqu’à l’âge de 4 ans. Mais les Zourabichvili ne se mêlent pas à leurs compatriotes des années 20 en France, une diaspora qui tente de sauver ce qu’elle a pu emporter de sa culture dans ses pauvres baluchons.
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Hélène Carrère d'Encausse, l'immortelle de Sciences Po
Hélène Carrère d’Encausse définit volontiers ses origines comme une salade composée : un père qui vient de Géorgie, une mère russe de Pologne, des grands-parents de Suède, et d’autres d’Allemagne. Une chose est sûre, après avoir servi l’empire russe, une partie de ses aïeux sont marqués par l’exil après la révolution de 1917. Fille de l’Europe, Hélène s’est pourtant donnée entièrement à la France. Elle dont le nom de jeune fille, Zourabichvili, donnait du fil à retordre à ses professeurs qui ne parvenaient pas à prononcer l’enchaînement de consonnes d’un « nom à coucher dehors ».
Devenue immortelle, c’est le mot « lexicographie », la science des définitions, qui lui a été attribué lors de son installation. Quel plus beau cadeau pouvait-on offrir à celle qui est devenue la gardienne de la langue française, une langue qu’elle n’a apprise qu’après le russe, à quatre ans et demi ? C’est à cet âge précoce qu’elle débute l’apprentissage de la lecture, apprenant tout à la fois deux alphabets et deux langues.
C’est par l’école qu’Hélène Carrère d’Encausse a construit son identité française tout en suivant, pendant son temps libre, un enseignement de culture russe dans une paroisse orthodoxe de la rive gauche. Née à Paris, elle restera pourtant apatride jusqu’à ses 21 ans.
Rue Saint-Guillaume, elle devient Madame le professeur
Son père, docteur en philosophie et chauffeur de taxi, mais surtout grand lecteur, refusait des clients lorsqu’il lui restait des pages à lire. Sa fille le copie et simule des maux de ventre pour manquer les cours et finir un livre. Elle apprend par cœur la Constitution, se prend de passion pour les croisades napoléoniennes et étudie l’histoire à Sciences Po (promo 52). Elle devient docteur en histoire avec une thèse de troisième cycle sur la Révolution en Asie centrale.
Elle choisit l’enseignement rue Saint-Guillaume en 1969 après un court intermède à la Sorbonne. Pédagogue et s’exprimant sans notes lors de ses cours, l’historienne veut « former un nombre considérable de spécialistes des pays communistes, à peupler les ambassades et les relations économiques avec le monde de l’Est par les anciens étudiants de ce cycle ». Elle se doute que ces « sujets exotiques » sont capitaux.
« Tsarine des soviétologues »
Quelques années plus tard, en 1978, elle prophétise l’éclatement de l’empire soviétique. Sa connaissance profonde du pays la pousse à comprendre, malgré la propagande communiste, que la stagnation économique et sociale est le problème « le plus urgent, le plus irréductible ». Qualifiée d’espionne, elle est déclarée persona non grata sur le sol de l’Union soviétique jusqu’en 1988 où Mikhaïl Gorbatchev, considérant qu’elle avait décelé les failles du système, l’autorise à retourner en Russie. Boris Eltsine lui propose même la nationalité russe qu’elle refuse par amour pour la France.Boris Eltsine lui propose la nationalité russe qu’elle refuse par amour de la France.
Elle devient « la tsarine des soviétologues », pour Le Monde, la « soviète suprême », selon Libération. La femme de culture gagne des responsabilités à Sciences Po. Elle dirige le département des études soviétiques du Centre de recherches internationales (CERI) et se fait une place dans ce cénacle où les hommes sont plus que majoritaires : avec Suzanne Bastid, elle est la seule femme à enseigner.
Plus tard, elle devient également membre du comité directeur de l’Institut d’études slaves, vice-présidente des Archives diplomatiques françaises, présidente de commission du Centre national du livre. Européenne convaincue, elle est présidente du comité pour le « oui » au traité de Maastricht en 1992 puis deuxième sur la liste du RPR aux élections européennes de 1994.
Auréolée de succès académiques, Hélène Carrère d’Encausse devient, en 1990, la troisième femme élue sous la coupole de l’Académie française, après Marguerite Yourcenar en 1980 et Jacqueline de Romilly (1988). Elle occupe le fauteuil de Jean Mistler. En 1999, elle devient secrétaire perpétuelle, fonction la plus prestigieuse de l’Institut. Un rôle qui nécessite une organisation de fer pour poursuivre les recherches, et des allers-retours incessants entre la France et la Russie. Mais, confiait-elle à France culture en 2013, « je ne peux pas vivre ailleurs qu’à Paris ».
Repères
1929 Naissance à Paris
1978 Auteur de L’Empire éclaté, qui annonce la fin de l’URSS
1990 Élue à l’Académie française
1994 Députée européenne
1999 Devient la première femme secrétaire perpétuelle de l’Académie
2011 Faite grand’croix de la Légion d’honneur
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Hélène Carrère d'Encausse
| Naissance | 16e arrondissement de Paris |
|---|---|
| Nom dans la langue maternelle | Hélène Carrère d’Encausse |
| Nom de naissance | Hélène Zourabichvili |
| Nationalité | française (depuis ) |
| Formation | Faculté des lettres de Paris (doctorat) (jusqu'en ) Institut d'études politiques de Paris |
| Activités | |
| Père | |
| Fratrie | |
| Enfants | Emmanuel Carrère Nathalie Carrère (d) Marina Carrère d'Encausse |
| Parentèle | Salomé Zourabichvili (cousine germaine) Lévan Zourabichvili (oncle paternel) |
| A travaillé pour | Institut d'études politiques de Paris Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne Collège d'Europe |
|---|---|
| Parti politique | |
| Membre de | Commission de la nationalité (d) (- Académie française () Académie des sciences de Russie |
| Directeurs de thèse | |
| Distinctions | Prix Princesse des Asturies en sciences sociales () Liste détaillée |
Hélène Carrère, dite Hélène Carrère d'Encausse,née Zourabichvili le à Paris, est une historienne et femme politique française.
Membre de l'Académie française depuis 1990, elle est élue secrétaire perpétuel de l'institution en 1999, devenant la première femme à occuper cette fonction. Elle est également députée européenne de 1994 à 1999.
Biographie
Famille et jeunesse
Fille de l'économiste et philosophe Georges Zourabichvili, issu de la famille géorgienne Zourabichvili (qui avait sombré dans une grande pauvreté après la révolution russe1 et qui avait émigré vers la France), et de Nathalie von Pelken, d'origine germano-russe2, Hélène Zourabichvili naît le dans le 16e arrondissement de Paris3. Elle a un frère, Nicolas. Elle est par ailleurs la cousine de Salomé Zourabichvili, fille de son oncle Lévan et 5e présidente de la Géorgie.
Elle apprend d'abord le russe, puis le français à quatre ans et demi chez des amis de ses parents, en Bretagne4. D'abord installée à Bordeaux, elle quitte la ville pour Paris avec sa mère après l'assassinat de son père en 19445. Elles y logent d'abord à la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky de Paris, rue Daru5. Elle prend des cours de langue et littérature russes à la paroisse2, puis fait ses classes au lycée Molière6.
Née apatride, elle devient française en 1950, à l'âge de 21 ans7.
Elle épouse, le à Paris, Louis Carrère (né en 1927), dit Carrère d'Encausse, assureur, fils de Georges Carrère et de Paule Dencausse. Ils ont trois enfants : Emmanuel (1957), Nathalie (1959) et Marina (1962).
Formation et carrière universitaire
Diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris8 (section Service public9, promotion 195210), docteur (1963)11 et docteur d’État (1976) ès lettres12, elle envisage ensuite de présenter le concours d'entrée à l'École nationale d'administration, avant d'y renoncer13.
Professeur d'histoire à l'université Paris-I puis à l'IEP de Paris (1969), elle est directrice d'études à la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP) et administratrice de l'EastWest Institute (en)14.
Professeure invitée dans plusieurs établissements nord-américains et japonais, elle est docteur honoris causa de l’Université de Montréal et de l'université catholique de Louvain.
Elle se fait remarquer en 1978 en annonçant « la fin de l'URSS » dans son livre L'Empire éclatén 1, non pas grâce aux entreprises délibérées de Ronald Reagan ou de Jean-Paul II, mais selon elle à cause de la forte natalité des républiques musulmanes d'Asie centrale. Annonce qui s'est révélée en partie fausse : l'URSS implosa certes, mais le mouvement sécessionniste partit des pays baltes, la partie la plus européanisée de l'Union soviétique, alors que les républiques musulmanes restèrent globalement calmes jusqu'à leur accession à l'indépendance15.
Autres activités publiques

Elle est présidente du conseil d'administration de Radio Sorbonne de 1984 à 198916, et membre de la Commission de la nationalité en 19878-198817.
Lors de l'élection présidentielle de 1988, elle est membre du Comité de soutien à la candidature de Raymond Barre18.
Le 19, elle devient présidente du Comité national pour le « oui » à Maastricht, créé par Jack Lang2,n 2. Elle se revendique à cette occasion de la « mouvance libérale »20 et décrit le traité comme « le portillon que l'on doit franchir pour aller plus loin »21. Durant cette même année, elle crée, avec Kofi Yamgnane et Claude Sérillon, la Fondation pour l'intégration républicaine22, et occupe le poste de conseillère spéciale auprès de Jacques Attali, président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD)23, participant ainsi à l’élaboration d’une politique d’assistance à la transition économique dans les anciens États communistes2.
Le 24, elle accepte, sur les instances de Jacques Chirac25, d'être candidate aux élections européennes de juin suivant. Elle occupe, derrière Dominique Baudis, la deuxième position sur la liste UDF-RPR et, bien qu'étant plus proche des positions de l'UDF, doit adhérer au RPR à l'occasion de sa candidature26.
Élue députée européenne, elle est vice-présidente de la commission des Affaires étrangères, de la Sécurité et de la Politique de défense durant son mandat entier, qui échoit en 27.
Nommée par décret en date du 2 août 199328 vice-présidente de la Commission des archives diplomatiques2, elle préside la commission des sciences de l'homme au Centre national du livre (CNL) de 1993 à 1996. En 1996, elle fait partie des personnes dont le nom circule pour succéder à Jean Favier comme président de la Bibliothèque nationale de France, mais Pierre-Jean Remy lui est préféré29.
En 1996-1997, elle est membre du Comité pour la commémoration des origines : de la Gaule à la France30. Elle est nommée en 1998 au Conseil national du développement des sciences humaines et sociales. En 2004, elle devient présidente du conseil scientifique de l'Observatoire des statistiques de l'immigration et de l'intégration2. Elle est également membre du comité de parrainage du Collège des Bernardins31.
À la suite de la crise des banlieues, en , elle fait une déclaration polémique au sujet de l'immigration sur la chaîne russe NTV :
« Tout le monde s'étonne : pourquoi les enfants africains sont dans la rue et pas à l'école ? Pourquoi leurs parents ne peuvent pas acheter un appartement ? C'est clair, pourquoi : beaucoup de ces Africains, je vous le dis, sont polygames. Dans un appartement, il y a trois ou quatre femmes et vingt-cinq enfants. Ils sont tellement bondés que ce ne sont plus des appartements, mais Dieu sait quoi ! On comprend pourquoi ces enfants courent dans les rues32. »
En 2017, elle intègre le comité d'éthique de la chaîne de télévision russe RT, requis par le Conseil supérieur de l'audiovisuel dans la perspective du développement de ses activités en France33, puis décide de le quitter34.
Début 2022, en amont de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, elle présente à de multiples reprises cette perspective comme impossible, répétant en cela le narratif du Kremlin35.
Prise de distance à l'égard de la Russie de Poutine
Les « positions à l’égard de la Russie et de son leader [Poutine] » d'Hélène Carrère d'Encausse « ont fini par susciter des critiques » de la part de ses confrères universitaires36. Cependant, depuis le début de la guerre en Ukraine le , elle a modifié sa position. Alors qu'elle exprime l'opinion, le , sur LCI « Je ne sais pas pourquoi les Ukrainiens s'obstinent » à propos de la défense de la ville de Bakhmout37, ajoutant qu'à son avis « ils feraient mieux de laisser tomber la ville, sauf s’ils sont en bonne posture »36, elle n'a désormais « pas de mots assez durs pour qualifier son obstination à mener cette guerre, dont elle n’a d’ailleurs « pas cru qu’elle aurait lieu, jusqu’au 24 février au matin »36.
Académie française
Après avoir été sollicitée par Henri Troyat38, elle est élue, le , au 14e fauteuil de l’Académie française laissé vacant par Jean Mistler, par 23 voix contre 9 à André Sernin et deux bulletins marqués d'une croix14,n 3. Elle est accueillie sous la Coupole par Michel Déon le 39.
Elle est élue secrétaire perpétuel de l'Académie le , avec 26 suffrages sur 31, en remplacement de Maurice Druon, démissionnaire de cette fonction40. Elle est la première femme à accéder à ce poste40.
Elle est par ailleurs membre associé de l'Académie royale de Belgique, membre étranger de l'Académie des sciences de Russie, de l'Académie de Roumanie et de l'Académie d'Athènes, et membre d’honneur de l’Académie des beaux-arts de Russie et de l'Académie des sciences de Géorgie.
Le 1er septembre 2021, à la suite du décès de Jean-Denis Bredin, elle devient officiellement la doyenne (la plus anciennement élue) de l'Académie française. Le , à la suite du décès de René de Obaldia, Hélène Carrère d'Encausse devient également la doyenne d'âge de l'Académie.
Prises de position sur la féminisation de la langue française

Elle utilise le titre non féminisé de « secrétaire perpétuel » aussitôt après son élection40.
Au sein de l'Académie française, elle est ainsi opposée à la féminisation des titres et fonctions pour les femmes dans la langue française. Elle se montre également peu encourageante vis-à-vis des candidatures féminines à l'Académie française, dont seuls quatre des quarante fauteuils sont occupés par des femmes en 201741.
Après une déclaration officielle de l'Académie française le qualifiant l'écriture inclusive de « péril mortel »42, Bertrand Louvel, premier président de la Cour de cassation, adresse une lettre à l'Académie française pour lui demander de revoir ses recommandations sur la question de la féminisation des titres et fonctions. Il écrit : « l'usage de la féminisation des fonctions s'est étendu au sein de la fonction publique et du corps judiciaire »43,44. Dans sa réponse officielle Hélène Carrère d'Encausse annonce pour la première fois l'intention de l'Académie de se pencher sur les règles de féminisation, vu l'évolution des usages44,45,46,43.
En , sur le site Internet de l'Académie française, Hélène Carrère d'Encausse est qualifiée d'« historienne » (usage du féminin), mais reste « secrétaire perpétuel », « président », « commandeur », « officier »47,48.

Œuvres
- Le Conflit de la Corée : 1950-1952, Bruxelles, institut de sociologie Solvay, coll. « Études de cas conflits internationaux », , 52 p.
- Éd. avec Stuart R. Schram de Le Marxisme et l'Asie : 1853-1964, Paris, Armand Colin, coll. « U : idées politiques », , 493 p. (ISBN 2-200-31138-9).
- Réforme et Révolution chez les musulmans de l'empire russe (préf. Maxime Rodinson), Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, coll. « Références » (no 4), , 311 p. (ISBN 2-7246-0455-5).
- (en) Central Asia, a century of Russian rule, New York, Columbia University Press, 1967.
- Avec Stuart R. Schram (en), L'URSS et la Chine devant les révolutions dans les sociétés pré-industrielles, Paris, Armand Colin, coll. « Travaux et recherches de science politique » (no 8), , 108 p. (BNF 35373112).
- L'Union soviétique de Lénine à Staline : 1917-1953, Paris, Richelieu, coll. « L'Univers contemporain » (no 2), , 446 + 32 (BNF 35241310).
- Dir. avec René Rémond et Jean-Louis Monneron, Deux mille ans de christianisme, Paris, Société d'histoire chrétienne, , 288 p. (BNF 34630324).
- La Politique soviétique au Moyen-Orient : 1955-1975, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, coll. « Cahiers de la Fondation nationale des sciences politiques » (no 200), , 372 p. (ISBN 2-7246-0335-4).
- L'Empire éclaté : la révolte des nations en URSS, Paris, Flammarion, , 314 p. (ISBN 2-08-064090-9).
- Lénine : la révolution et le pouvoir, Paris, Flammarion, coll. « Champs : politique » (no 72), , 297 p. (ISBN 2-08-081072-3) — repris en partie de L'Union soviétique de Lénine à Staline.
- Staline : l'ordre par la terreur, Paris, Flammarion, coll. « Champs : politique », , 294 p. (ISBN 2-08-081073-1) — idem que pour le précédent ouvrage.
- Le Pouvoir confisqué : gouvernants et gouvernés en URSS, Paris, Flammarion, , 328 p. (ISBN 2-08-064300-2).
- Le Grand Frère : l'Union soviétique et l'Europe soviétisée, Paris, Flammarion, , 381 p. (ISBN 2-08-064577-3).
- La déstalinisation commence : 1956, Bruxelles, Complexe, coll. « La Mémoire du siècle » (no 34), , 209 p. (ISBN 2-87027-142-5) — édition revue et augmentée parue sous le titre La Deuxième Mort de Staline en 2006.
- Ni paix ni guerre : le nouvel Empire soviétique ou du bon usage de la détente, Paris, Flammarion, , 413 p. (ISBN 2-08-064860-8).
- Le Grand Défi : bolcheviks et nations, 1917-1930, Paris, Flammarion, coll. « Nouvelle bibliothèque scientifique » (no 138), , 333 p. (ISBN 2-08-211170-9).
- Le Malheur russe : essai sur le meurtre politique, Paris, Fayard, , 546 p. (ISBN 2-213-02236-4).
- La Gloire des nations ou La Fin de l'Empire soviétique, Paris, Fayard, , 431 p. (ISBN 2-213-02439-1).
- Victorieuse Russie, Paris, Fayard, , 439 p. (ISBN 2-213-02948-2).
- L'URSS de la Révolution à la mort de Staline : 1917-1953 (éd. Nicolas Roussellier), Paris, Le Seuil, coll. « Points : histoire », , 375 p. (ISBN 2-02-014049-7).
- (en) The Nationality Question in the Soviet Union and Russia, Oslo, Scandinavian University Press, , 74 p.
- Nicolas II : la transition interrompue : une biographie politique, Paris, Fayard, , 552 p. (ISBN 2-213-59294-2).
- Lénine, Paris, Fayard, , 684 p. (ISBN 2-213-60162-3).
- La Russie inachevée, Paris, Fayard, , 340 p. (ISBN 2-213-60597-1).
- Catherine II : un âge d'or pour la Russie, Paris, Fayard, , 656 + 4 (ISBN 2-213-61355-9).
- Éd. de L'Impératrice et l'Abbé : un duel littéraire inédit entre Catherine II et l'abbé Chappe d'Auteroche, Paris, Fayard, , 632 p. (ISBN 2-213-61654-X).
- Dir. avec Philippe Levillain, Nations et Saint-Siège au xxe siècle, Paris, Fayard, , 447 p. (ISBN 2-213-61365-6).
- Russie, la transition manquée, Paris, Fayard, coll. « Les Indispensables de l'histoire », , 1 032 (ISBN 2-213-62616-2) — reprend trois textes (Lénine, Nicolas II et Unité prolétarienne et diversité nationale : Lénine et la théorie de l'autodétermination).
- L'Empire d'Eurasie : une histoire de l'Empire russe de 1552 à nos jours, Paris, Fayard, , 506 p. (ISBN 2-213-62312-0).
- Alexandre II : le printemps de la Russie, Paris, Fayard, , 522 + 4 (ISBN 978-2-213-63459-3).
- La Russie entre deux mondes, Paris, Fayard, , 327 p. (ISBN 978-2-213-65147-7).
- Des siècles d'immortalité : l'Académie française, 1635-..., Paris, Fayard, , 401 p. (ISBN 978-2-213-66633-4).
- Les Romanov : une dynastie sous le règne du sang, Paris, Fayard, , 442 + 12 (ISBN 978-2-213-67759-0).
- Six années qui ont changé le monde : 1985-1991, la chute de l'Empire soviétique, Paris, Fayard, , 418 p. (ISBN 978-2-213-69914-1).
- Dir. avec Gabriel de Broglie, Giovanni Dotoli et Mario Selvaggio, Le Dictionnaire de l'Académie française : langue, littérature, société, Paris, Hermann, coll. « Vertige de la langue », , 427 p. (ISBN 978-2-7056-9381-7).
- Le Général de Gaulle et la Russie, Paris, Fayard, , 288 p. (ISBN 978-2-213-70555-2).
- La Russie et la France : de Pierre le Grand à Lénine, Paris, Fayard,
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